Que sait-on de la mystérieuse langue inconnue dont nous parle Hildegarde de Bingen?

Par | 23 avril 2018

Son usage n’a pas été explicitement justifié par la sainte, mais plusieurs éléments parfois étonnants peuvent nous aider à en apprécier l’intérêt.

D’une manière générale, le fait que cette langue ne comporte pas de verbes projetterait l’homme dans une conscience hors du temps qui s’apparente à la langue originellement révélée du premier Adam, nommant les créatures spontanément au moyen de sons et de phonèmes, sans encore établir de lien de causalité ni de temporalité entre les choses qu’il désigne. Or si cette langue des origines ignorait le temps, elle méconnaissait d’autant plus la mort qui confère à l’expérience du temps l’aspect d’une morsure dont l’homme et les créatures vivantes ne guérissent jamais.

Hildegarde revient également sur la dimension infinie de la première langue humaine dans sa « Lettre aux Prélats de Mayence » et son traité de médecine « Les Causes et les Remèdes ». Adam, grâce à l’harmonie de sa voix qu’il faisait résonner comme un monocorde, entrait, selon elle, facilement en communication avec les anges en s’unissant à leur chant. Le premier homme parlait peut-être la langue inconnue révélée à Hildegarde… Dans le Livre des mérites de la vie, l’abbesse évoque aussi une langue secrète, qui pourrait bien être celle que l’on trouve consignée dans le glossaire de 1011 mots de la lingua ignota, et qui n’était alors parlée que par les vierges du paradis… Enfin cette langue, telle qu’elle nous est parvenue, semble, bien que d’origine divine, avoir été polie par les scribes de la prophétesse pour se conformer aux usages humains, ce qu’elle nous révèle dans sa lettre au Pape Anastase IV (1153-1154)…

Nous avons choisi de mettre en scène dans le Mystère Vox Sanguinis le chant O orzchis  ecclesia car il est le seul à contenir des mots de la langue inconnue dont un seul est présent dans le glossaire des 1011 mots qu’elle aurait collectés. Il reste donc certainement des paroles secrètes à découvrir… Vous pouvez écouter un extrait du Mystère Vox Sanguinis où Hildegarde décrit, conformément à ce qu’elle dit dans son traité de médecine, la voix harmonieuse du premier Adam, au chapitre sur « La prudence d’Adam ». La scène commence par les mots : « Adam, avant la faute, connaissait le chant des anges et toute sorte de musique… ».

 

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