Enregistrements

L’ensemble Vox In Rama propose à ce jour quatre séries d’enregistrements :

ALBUM LIGNUM VITAE ALBUM MODULATIO DIVINAE LAUDIS ALBUM FLORES

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Association Vox in Rama
95 rue Jacques Dulud
92200 Neuilly sur Seine

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>> Lignum vitae

Les voix de l’amour au Moyen Âge, où le grégorien est la racine d’où croissent toutes les expressions médiévales de l’amour, qu’il soit divin avec la magnifique Messe de Notre-Dame de Guillaume de Machaut, ou humain dans les motets des XIIIe et XIVe siècles, dont les polyphonies  si riches et expressives s’appuient sur la simplicité d’un plain-chant liturgique.

>> Modulatio divinae laudis

Voici notre nouveau CD !

Le chant de l’émotion divine

Les chantres carolingiens ont transmis au moyen âge la splendeur sonore du christianisme mérovingien. Ces pionniers de l’art vocal ont su redonner au sein de l’espace liturgique toute l’ampleur et la majesté de l’angéologie chrétienne où les chœurs humains viennent joindre leurs voix aux harmonies célestes de l’assemblée divine. Bien plus qu’une culture de l’image sonore, leur chant empreint d’une infinie douceur nous conduit au cœur de l’émotion spirituelle où visions et sensations se rencontrent.

Après Flores aquitanes, l’ensemble Vox In Rama vous invite à découvrir ‘Le chant de l’émotion divine’ avec Modulatio divinae laudis. Ce nouveau programme vous fera découvrir la suavité émouvante d’un chant grégorien où mélodie et harmonie s’unissent à la souplesse du chant byzantin.

>> Flores aquitanes

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Flores aquitanes («Fleurs aquitaines») réunit un ensemble d’œuvres composées au XIIe siècle pour le monastère de saint-Martial de Limoges et le pèlerinage vers saint-Jacques de Compostelle, dont des chants grégoriens avec tropes*, des versus (poésies) et conduits (chants de procession) liturgiques.

Le CD en format digipack décoré est assorti d’un livret illustré comprenant des articles de Frédéric Rantières (directeur de l’ensemble) et de Giedrius Gapsys (musicologue spécialisé dans le chant aquitain), les textes chantés accompagnés de leurs traductions françaises ainsi que des informations sur les artistes et le label artistique ‘Vox In Rama’.

Le prix de vente unitaire est de 18 €, frais de port non inclus.

Direction artistique : Frédéric Rantièreswww.fredericrantieres.com

Illustrations médiévales : Véronique Frampas www.veroniqueframpas.com

Conception graphique : Marion Chevrier http://www.signecopine.com/

Quelques extraits musicaux :

Jubilemus, exultemus

Puer natus est

Kyrie Cunctipotens

Per partum Virginis

O lux et decus

Dum esset

Stirps Jesse

Nostra phalans

Benedicamus Domino

Congaudeant catholici

>> Enregistrements en libre écoute/décembre 2009

Voici les quatre premiers enregistrements de l’ensemble Vox in Rama effectués par Virginie Burgun et Laetitia Montanari, étudiantes en ingénierie du son au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Les mots suivis d’une * ont leur définition en bas de page (ou en survol avec la souris). Bonne écoute et bonne lecture!

♦ Versiculus Stirps Jesse/Ensemble Vox In Rama

> Le versiculus* ‘Stirps Jesse’ fut composé à la fin du XIe siècle par les chantres de la région de l’abbaye de saint-Martial de Limoges, en Aquitaine. Il s’agit d’une des pièces les plus connues du répertoire pour son originalité créatrice : un chantre improvise des formules mélodiques sur un plain-chant* liturgique, un Benedicamus Domino, en chantant un texte  librement inspiré d’une composition très célèbre de la liturgie chartraine.

Il s’avère, en s’y penchant d’un peu plus près, que l’antique mélodie et la nouvelle ont un lien généalogique puissant, et ce pour deux raisons. La première est liée à l’histoire de son plain-chant. Le versiculus* ‘Benedicamus Domino’ de l’office des Vêpres est bâti en effet sur le mélisme* ‘flos filius’ du répons Stirps Jesse que Fulbert de Chartres composa pour la dédicace de la cathédrale dont il fut le chantre puis enfin l’évêque en 1006. Ce chant deviendra célèbre au point d’apparaître dans les cinq plus grandes fêtes de l’année liturgique, selon les Statuts de Pierre le Vénérable promulgués en 1132. La seconde est relative à la composition du versus*. Le chantre s’inspire librement du texte de Fulbert en reprenant l’incipit du répons et commente la métaphore de l’arbre de Jessé chère à l’évêque : le Christ, ramure tirée de la Vierge, donne une fleur (flos) que les prophètes déclarent appartenir au Père. Cette œuvre est le témoignage éloquent d’une tradition multiple, où mémoires littéraire et musicale s’enchevêtrent en s’unissant naturellement. Elle nous fait redécouvrir un Moyen Âge vivant où l’oralité régénère le passé.

Au XIIIe siècle, les chantres de Notre-Dame reprendront ce répons en organum[glossary]* triplum (à trois voix) pour les premières Vêpres de l’Assomption. Vous pourrez en entendre une version ci-dessous.

♦ Versus Jubilemus exultemus/Ensemble Vox In Rama

> Le [glossary]versus[glossary]* ‘Jubilemus, exultemus’ est une poésie liturgique qui concluait le [glossary]versiculus[glossary]* dédié à la sainte Vierge, probablement pour la fête de la Nativité. À l’aide d’un art maîtrisé des couleurs rhétoriques, les chantres déployaient une grande variété de [glossary slug='neume']neumes* à partir de formules-mère. Leur inspiration puisa dans la tradition des Arts poétiques médiévaux qui réactualisaient  l’art du discours antique. Les modèles cicéroniens servirent de base pour l’élaboration et le développement de formules mélodiques, en vue d’enchaîner harmonieusement les affects de la louange divine. Ce versus[glossary]* ou poésie, tout en commentant le propre liturgique, exalte le verbe dans une exultation harmonieuse.

♦ Répons Stirps Jesse/Ensemble Vox In Rama

> Voici l’[glossary]organum* que les chantres de Notre-Dame composèrent à partir du plain-chant* du Stirps Jesse précité. L’organum* est une technique qui fait se combiner et conjointer des formules mélodiques sur une teneur de plain-chant*. Les ‘organistes’ pouvaient improviser à une, deux ou trois voix, en reprenant les répons* et antiennes* de la messe et de l’Office. Dès lors, on peut constater le développement organique de cette tradition qui repart toujours de la racine du verbe pour en développer une nouvelle ramure. Le stirps Jesse (la racine de Jessé) contient un aspect emblématique du processus de ré-actualisation par la mémoire, caractéristique du haut Moyen Âge.

Motet* Salve sancta parens/Ensemble Vox In Rama

> Pour continuer d’illustrer une vision organique du monde médiéval, nous vous proposons d’écouter un motet* composé à partir de l’antienne* mariale Salve Sancta parens (Salut! Ô Sainte mère!), notée dans le codex du monastère de Las Huelgas, en Espagne. Le terme motet*, tiré du français ‘mot’, est l’art de combiner plusieurs textes quelquefois dans des langues différentes sur un plain-chant* Latin. Il tire directement sa texture des clausules d’organa*, c’est-à-dire des sections rythmées des organa*, qui unifiaient les syllabes de chaque voix avec celles du plain-chant* sur un mode rythmique commun. Ce style métrique faisait rupture avec le style mélismatique du premier organum*, alors dit purum (pur).

* Petit glossaire pour les non-initiés:

  • Antienne

    du grec αντιφωνη, signifiant ‘répondre’, littéralement ‘chanter en face’ : mélodie que la schola chantait pour introduire et conclure une psalmodie dans les offices et dans la liturgie de la messe.

  • Canon

    du grec κανων, roseau, règle en bois à l’usage des maçons (métaphore du modèle, du principe à suivre) : principe d’imitation des voix entre elles par simple superposition décalée.

  • Déchant

    du latin discantus, chanter à deux voix : technique qui consiste à inventer une voix (voix organale) et à l’harmoniser avec le plain-chant grégorien (voix principale).

  • Mélisme

    du grec μελος, mélodie : formules mélodiques qui se déployaient entre et autour des cordes de récitation.

  • Motet

    du français ‘mot’ : ajout d’une ou de plusieurs voix en langue latine ou vernaculaire (du latin vernaculus, domestique, propre au parler vulgaire) sur un plain-chant grégorien.

  • Neume

    étymologie probablement issue du grec πνευμα, souffle : notation sténographique de la psalmodie et des mélismes.

  • Ordinaire

    parties fixes de la liturgie, organisées selon différents temps liturgiques. Les principaux sont le Temps Ordinaire, l’Avent, le Carême, le Temps Pascal, etc.

  • Organum

    du grec οργανον, instrument : terme générique désignant les diverses techniques médiévales de conjointement des voix.

  • Plain-chant

    traduction du latin cantus planus, par opposition au cantus fractus, le chant rythmé. Le plain-chant reprend les mélodies anciennes du fonds grégorien en allongeant chaque note, d’où il tire son aspect étiré (planus). Il était l’apanage de la communauté qui n’avait pas le niveau d’improvisation des chantres. Ces derniers avaient pour habitude d’alterner entre le style de l’organum pur (organum* purum) et le chant divisé en modes rythmiques (cantus fractus), basés sur les pieds gréco-latins.

  • Propre

    parties de la liturgie propres au jour et au temps liturgique. Le Propre de la liturgie de la messe comporte un introït (chant d’entrée), un graduel (psaume), un offertoire (procession des offrandes) et une communion (fraction du pain). La liturgie de l’Office comporte également des répons et psaumes qui étaient enserrés par des antiennes. Il s’organise en deux cycles : le Temporal,  qui se consacre au kérygme (vie du Christ) et le Sanctoral, consacré aux saints de l’Église.

  • Recordatio

    Peut être traduit par le mot « remémoration », réactivation par la pensée d’un mouvement mélodique déjà éprouvé, dont la mémoire a gardé les traces.

  • Répons

    du latin ecclésiastique responsorium : chant généralement très orné et plus long que l’antienne, en réponse à une lecture psalmodiée.

  • Trope

    du grec τρεπειν, tourner, diriger : catégorie générale très ancienne des arts du discours reprise par le christianisme en tant que commentaire ou glose de l’action liturgique. Le trope est normalement non-rimé. Le versus néanmoins en est une sous-catégorie dont l’originalité est d’avoir recours aux assonances en fin de vers.

  • Versiculus

    ou versicule, mot latin signifiant ‘petit vers’ : formule de conclusion de l’office des Vêpres qui se chantait sur la formule d’action de grâce ‘Benedicamus Domino, Deo gratias’, (‘Nous bénissons le Seigneur, nous rendons grâce à Dieu!’).

  • Versus

    mot latin signifiant ‘vers’ : poésie rimée qui rentre dans la catégorie générale des tropes*, souvent intercalée entre des pièces de l’ordinaire ou du propre liturgiques. Le versus pouvait aussi conclure le Benedicamus Domino susdit ou se superposer au versicule lui-même.

 

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