Tout les articles par: Frédéric Rantières

Quelle est la conception du rire développée dans le Mystère Vox Sanguinis?

L’approche proposée sur le rire dans le Mystère Vox Sanguinis peut de prime abord paraître déconcertante pour un auditeur de notre temps, puisqu’elle rompt avec la mentalité contemporaine qui voit volontiers en lui l’expression d’une spontanéité libérée, d’une joie de vivre débridée… Le rire au contraire est selon Hildegarde de Bingen, nous le verrons, une déformation de l’harmonie première de la voix humaine… Pour bien comprendre sa position, il faut d’abord se rendre à l’évidence qu’en dépit de son apparente modernité, l’abbesse fut néanmoins une femme du XIIe siècle influencée par les sources dominantes de son temps…

Dans la progression que nous observons communément chez l’enfant, le développement de la voix chantée est postérieur à celui du rire, qui apparaît dès les premiers mois. Dans le Causæ et Curæ, au chapitre sur « Les larmes et les rires », Hildegarde repart quant à elle du présupposé inverse selon lequel l’harmonie des sons serait une faculté innée. Chez l’homme, ce don se serait en effet corrompu lors de la transgression du premier commandement divin en dégénérant sous forme de rires et de ricanements. Cette conception se fonde sur la création du premier Adam (c’est-à-dire d’un premier humain) qui aurait été créé à l’image de Dieu et dont la première langue s’apparenterait au chant des anges.

En goûtant au fruit de la connaissance du bien et du mal contre lequel Dieu l’avait mis en garde dans le jardin d’Éden, Adam aurait altéré sa conscience de l’harmonie divine et ne serait désormais plus en mesure de la faire retentir dans sa voix. Pour l’abbesse médecin, qui replace l’homme dans le plan divin de la Création, tout humain, même s’il est maintenant en exil de l’Éden, a donc une connaissance immanente de l’harmonie qui précède sa chute. La pratique du chant est en cela primordiale, puisqu’elle permettrait à l’homme de réintégrer l’état d’innocence que toute créature avait connu au paradis…

Voici les raisons pour lesquelles le rire intervient dans la dernière partie du Mystère Vox sanguinis au sujet de la chute d’Adam, en rompant l’harmonie que l’ultime chant du spectacle rétablira. La photo que vous pouvez voir illustre ce moment très particulier du spectacle qui, contre toute idée reçue, reste fidèle à la pensée de l’abbesse.

Rires dans le Mystère Vox Sanguinis

À gauche, Hanna Varkki, au fond à droite Laurent Mallet et au premier plan Marc-Frédéric Indorf. Ces chanteurs de l’ensemble Vox In Rama, dans une scène inattendue du Mystère Vox Sanguinis, présentent des symptômes du rire inepte que décrit Hildegarde de Bingen dans son traité de médecine, au sujet du premier Adam… L’apparition saugrenue du rire et du ricanement illustre selon l’abbesse la sortie de l’Éden, où le premier homme se voit privé subitement de l’harmonie universelle. Le dernier chant du spectacle restaurera la musique céleste qui s’était transformée en rires discordants…

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Quelle est l’origine de l’expression « Vox Sanguinis »?

Vous vous êtes peut-être déjà interrogés sur l’origine de l’expression latine « Vox Sanguinis » que nous avons choisie comme titre pour le mystère médiéval sur Hildegarde de Bingen…

Celle-ci, que l’on peut traduire par « voix du sang », apparaît dans la Bible quand Caïn tue son frère Abel (Genèse 4, 10). Dieu entend alors la « voix des sangs » d’Abel monter vers lui, pour désigner les cris de ses générations sacrifiées…

Hildegarde de Bingen reprend cette expression dans l’un de ses chants intitulé Cum vox sanguinis, qu’elle dédie à la martyre sainte Ursule. Dans la pensée de l’auteure, le cri qui émane du sang répandu (vox sanguinis) de la martyre et de ses comparses innocentes trouve son origine dans la voix des sangs d’Abel, que l’on pourrait considérer comme le premier martyr, dans la mesure où il est le premier juste sacrifié dans la Bible. Dans cette prose, Hildegarde passe aussi en revue des grands passages de la Bible où Dieu se manifeste à l’homme. Par exemple, sa révélation à Abraham aux pieds des chênes de Mam(b)ré (Genèse 18, 1) ou encore sa manifestation à Moïse dans le buisson ardent (Exode III, 2-6)… Toutes ces voix qui retentissent de manière mystérieuse annoncèrent, selon notre auteure, celles de la cohorte de sainte Ursule, dont la pureté originelle remonterait à la création du premier homme.

Nous avons choisi ce titre car il fait ressortir l’aspect à la fois archaïque et moderne des œuvres de l’auteure, où références bibliques et méditations poétiques d’une grande liberté créatrice s’entrelacent. Cette idée maîtresse a aussi inspiré le choix de la couleur pourpre qui prédomine dans les tons des vêtements de ce mystère médiéval, dans une recherche d’unité autour de la sainte et martyre Ursule qui était hautement célébrée par la liturgie du Rupertsberg. Voici quelques photos qui donnent un aperçu de la couleur dominante du spectacle.

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Comment Hildegarde de Bingen frôla l’excommunication peu de temps avant sa mort?

L’interdit que les prélats de Mayence infligèrent au couvent du Rupertsberg, lorsque Hildegarde (1098-1179) atteignit les quatre-vingts ans, trouve son origine dans les tensions politiques qui sévissaient entre d’une part les partisans du Pape Alexandre III (1105-1181), défenseur du parti anti-impérial regroupé sur l’Italie méridionale et la Sicile, puis la Lombardie (ligue lombarde), et d’autre part les partisans de l’Empereur Frédéric Barberousse (1122-1190), dans ses tentatives de restaurer la splendeur de l’Empire en remettant la main sur l’épiscopat allemand et même la papauté (alliances avec les antipapes Victor IV (V), Pascal III et Calixte III). La querelle des investitures, qui semblait avoir trouvé un terme dans le concordat de Worms (1122), reprit de plus belle jusqu’à ce que les troupes impériales soient ravagées par une terrible épidémie qui les décima lors de la prise de Rome en 1167. Battu définitivement à Legnano en 1176 par les Lombards, Frédéric Barberousse vint se prosterner devant le Pape Alexandre III, reconnu par l’empereur dans son autorité de souverain pontife, à Venise le 24 juillet 1177, accord qui déboucha sur le fameux traité surnommé « la Paix de Venise ».

En dépit de l’unité italienne passagèrement retrouvée, le climat politique en Allemagne resta tendu, et le fait qu’Hildegarde fit enterrer sur les terres consacrées du monastère du Rupertsberg un ancien adversaire de l’Empereur attira la colère de ses supérieurs mayençais qui lui intimèrent d’exhumer la dépouille de ce noble excommunié, ordre auquel celle-ci et ses moniales se sont soustraites en effaçant les traces de sa sépulture. Devant son obstination, les prélats profitèrent de l’absence de leur archevêque pour excommunier le couvent et condamnèrent les moniales au silence : plus possible alors de recevoir la communion, d’entendre la messe ni même de chanter le divin office !

C’est pour se défendre notamment contre cette interdiction de chanter qu’Hildegarde de Bingen va dénoncer le « crime spirituel » commis par les prélats dans sa très brillante lettre !

Dans l’un de ses plus beaux chefs-d’œuvre épistolaires, « la lettre aux prélats de Mayence », l’abbesse reproche à ses supérieurs de perturber l’harmonie céleste à laquelle l’Église doit s’unir par ses chants incessants. Véritable testament spirituel du chant, cette lettre débute le Mystère Vox Sanguinis sur les Chants et les Visions d’Hildegarde de Bingen, car elle révèle, dans un climat religieux et politique tendu, la puissance intérieure de cette femme qui, âgée, épuisée, et en dépit des frilosités de ses supérieurs troublés par ce schisme à peine résolu, ne recule pas devant les intimidations de son temps.

L’enjeu demeure de son côté avant tout spirituel. Les instructions de ses supérieurs, si elles étaient mises en œuvre, déferaient la communion entre l’Église et le chant de l’harmonie céleste. Se soumettre à leurs ordres reviendrait ainsi à apporter son concours à l’œuvre du diable qui s’oppose à l’ordre divin, ce qui est impossible ! En conclusion de sa lettre, l’abbesse du Rupertsberg n’ira pas par quatre chemins, et les mettra en garde : « Aussi, que ceux qui détiennent les clefs du ciel prennent bien garde de ne pas ouvrir ce qui doit rester fermé et de ne pas fermer ce qui doit être ouvert, car ceux qui président seront jugés avec la plus dure des sévérités, à moins, comme le dit l’Apôtre, qu’ils ne président avec zèle ! ».

L’interdit fut levé quelques mois avant sa mort, au retour d’Italie du chancelier de l’Empire et archevêque Christian de Mayence, la sanction n’ayant plus lieux d’être. L’abbesse put alors quitter ce monde en paix peu de temps après.

Cette difficulté rencontrée dans la fin de sa vie fait étrangement écho aux deux procédures de canonisation demandées par Grégoire IX et Innocent IV, qui échouèrent de manière imprévue. La sainte, bien que toujours vénérée dans sa région et très vite dans toute l’Allemagne, ainsi qu’en régions picarde et brabançonne, ne vit définitivement son culte être étendu à toute l’Église que le 10 mai 2012 par voie de canonisation équipollente, prononcée par le pape Benoît XVI et fut nommée quatrième Docteur femme de l’Église le 7 octobre 2012, aux côté de Jean d’Avila. Une très longue attente qui trouva une issue heureuse plus de huit cents ans après sa mort…

Devenez amabassadeurs du projet de CD et de film sur le Mystère Vox Sanguinis, un drame musical original remettant en scène Chants et Visions d’Hildegarde de Bingen

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Contribuez au futur CD de Vox In Rama sur les Chants et les Visions de Hildegarde de Bingen

Soutenez, en contribuant au financement participatif de ce CD, l’enregistrement des chants médiévaux et contemporains du Mystère Vox Sanguinis par l’ensemble Vox In Rama!

L’ensemble Vox In Rama souhaite prolonger la magie des représentations en rassemblant, sur un CD, la totalité des leurs chants qui, adjoints au livret original du spectacle et à un appareillage didactique, permettront d’entrer en profondeur dans l’un des plus beaux héritages artistiques, poétiques et spirituels du Moyen Âge.

Devenez ambassadeurs de ce beau projet en participant au Financement Participatif HelloAsso et bénéficiez des contreparties proposées!

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Mystère Vox Sanguinis à Strasbourg et Niederhaslach / Hildegarde de Bingen / pré-réserver en ligne

L’ensemble médiéval Vox In Rama propose au public de (re)découvrir la célèbre abbesse du XIIe siècle Hildegarde de Bingen au travers de ses Visions, écrits, Symphonies et réflexions thérapeutiques, dans un drame musical original, à la fois contemporain et médiéval. Dans la continuité des mystères, cet événement réunira autour d’une comédienne incarnant Hildegarde des chanteurs de l’ensemble médiéval Vox In Rama, des instrumentistes et des compositeurs en vue de réactualiser la puissance des expériences mystiques de la visionnaire, où la voix et le chant deviennent une voie de réparation intérieure de l’homme.

Dates des événements :

  • Samedi 17 mars 2018 à 20h30 l’église protestante Saint-Pierre le Jeune de Strasbourg (3 rue de la Nuée-Bleue – 67000 Strasbourg / à côté du Sofitel)
  • Dimanche 18 mars 2018 à 15h à la Collégiale Saint-Florent de Niederhaslach (Place de l’Église – 67280 Niederhaslach)

Réservez en ligne via Paypal:

tarif pré-réservation : 13€ au lieu de 15€ sur place / demi-tarif : 8 € (adhérents – adhérer en ligne sur ce lien – moins de 18 ans, chômeurs – un justificatif sera demandé) / le nombre de places souhaité peut être modifié sur l’interface PayPal


Tarifs
Dates



Souscrivez en ligne pour le film et le CD sur le Mystère Vox Sanguinis / Hildegarde de Bingen

 

Les souscriptions sont terminées!

Vous pouvez désormais nous soutenir en contribuant au financement participatif que nous venons de lancer sur HelloAsso et profiter des nombreuses contreparties!

L’ensemble médiéval Vox In Rama propose au public de (re)découvrir la célèbre abbesse du XIIe siècle Hildegarde de Bingen au travers de ses Visions, écrits, Symphonies et réflexions thérapeutiques, dans un drame musical original intitulé Mystère Vox sanguinis, à la fois contemporain et médiéval. Dans la continuité des mystères, cet événement réunit autour d’une comédienne incarnant Hildegarde des chanteurs de l’ensemble médiéval Vox In Rama, des instrumentistes et des compositeurs en vue de réactualiser la puissance des expériences mystiques de la visionnaire, où la voix et le chant deviennent une voie de réparation intérieure de l’homme.

Le succès de ce spectacle et l’enthousiasme croissant du public nous conduisent, en partenariat avec Andiamo Productions, à produire un film et un CD, accompagnés d’un livret du spectacle, du Mystère Vox sanguinis. Ce projet consistera à réunir trois produits en un, à savoir un CD accompagné d’un livret détaillé du spectacle, qui sera muni d’un code donnant accès à la version intégrale filmée de ce dernier, afin de donner pleinement satisfaction aux personnes qui souhaitent apprécier au mieux le Mystère Vox Sanguinis sur la vie et les visions d’Hildegarde de Bingen.

Nous vous remercions par avance de votre soutien !

 

Écoutez l’émission radio sur l’œuvre musicale de Hildegarde de Bingen

Écoutez l’émission radio avec Vincent Fouques Duparc et Anne-Marie Proffit qui interviewent Frédéric Rantières sur l’œuvre musicale d’Hildegarde de Bingen et son importance dans le monde contemporain.

Émission radio sur Hildegarde de Bingen

Écoutez l’émission Ecclesia Magazine du 8 novembre 2017 présentant les spectacles sur Hildegarde de Bingen des 17, 18 et 19 novembre 2017. Le thème abordé est celui de la langue inconnue d’Hildegarde.

Présentateur : Maxime Dalle

Invité : Frédéric Rantières

Pré-réservez vos places sur http://www.voxinrama.com/?p=4843

 

 

Thème de l’atelier de chant : le rire au moyen âge / réserver

Chers amis,

Cette année, l’atelier de chant qui aura lieu avant les spectacles sur Hildegarde de Bingen (à 18h les vendredis 17 et samedi 18 novembre) abordera le thème du rire au Moyen Âge et à la Renaissance.

Renseignements et pré-réservations sur http://www.voxinrama.com/?p=4843

Pour vous préparer au sujet, vous pouvez lire l’article que je viens de publier sur moyenagepassion.com

url de l’article : http://www.moyenagepassion.com/index.php/2017/11/05/hildegarde-de-bingen-et-le-rire-de-la-rate-par-frederic-rantieres/

Présentation du thème :

Thème brillamment introduit il y a quelques années par l’historien Jacques Le Goff, le rire au moyen âge (et à la Renaissance) est en effet un sujet de réflexion très important qui témoigne des grandes mutations qu’ont subies nos sociétés modernes. Derrière l’écran médiatique de la dérision omniprésente se cache en effet d’autres visages du rire qui ne sont pas nouveaux, grands révélateurs de notre personnalité, de notre santé, et de notre équilibre et s’avérant être de très bons outils de décryptage des comportements sociétaux. Il est aussi un des thèmes fondamentaux de la psychologie ancienne, qui tentait de définir avec une grande finesse les multiples sortes de caractère sous l’angle grec de la théorie des humeurs et de la relation entre l’âme et le corps.

Dans la pensée élargie d’Hildegarde de Bingen, le rire entre de manière géniale dans l’histoire de l’Adam, qui comme nous le savons eut un avant et un après, et dont le rire se fait un des grands marqueurs de son passage de l’état édénique à celui de l’exil. Que veut nous dire Hildegarde en nous expliquant la manière dont sont apparus les premiers ricanements humains? quelles relations et oppositions fait-elle entre le chant et le rire?

Cette thématique a beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes… C’est en repartant d’idées fortes de cette culture du rire que nous redécouvrirons empiriquement notre voix et ce que le rire, lorsqu’il est ressenti, peut apporter à notre conscience.

L’atelier fera le lien avec les textes sur le rire d’Hildegarde de Bingen qui seront mis en scène dans la dernière partie du spectacle (Mystère Vox sanguinis), au sujet de la voix du premier Adam.
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Mystère Vox Sanguinis / Hildegarde de Bingen / nouvelles représentations / pré-réserver

L’ensemble médiéval Vox In Rama propose au public de (re)découvrir la célèbre abbesse du XIIe siècle Hildegarde de Bingen au travers de ses Visions, écrits, Symphonies et réflexions thérapeutiques, dans un drame musical original, à la fois contemporain et médiéval. Dans la continuité des mystères, cet événement réunira autour d’une comédienne incarnant Hildegarde des chanteurs de l’ensemble médiéval Vox In Rama, des instrumentistes et des compositeurs en vue de réactualiser la puissance des expériences mystiques de la visionnaire, où la voix et le chant deviennent une voie de réparation intérieure de l’homme.

Dates des événements :

  • Vendredi 17 novembre 2017 à 20h (Paris 5e, église évangélique Saint-Marcel, 24 rue Pierre Nicole)
  • Samedi 18 novembre 2017 à 20h (Paris 5e, église évangélique Saint-Marcel, 24 rue Pierre Nicole)
  • Dimanche 19 novembre à 15h30 (à la basilique de Longpont-sur-Orge)

Un atelier de chant sera proposé à 18h dans le même lieu avant les spectacles des 17 et 18 novembre. Le thème cette fois-ci sera sur « Le rire au Moyen Âge ». Plus de renseignements sur ce lien

Possibilité de réserver sa place pour l’atelier en même temps que le concert par PayPal (voir ci-dessous)

Réservez en ligne via Paypal:

tarif pré-réservation : 13€ au lieu de 15€ sur place / le nombre de places souhaité peut être modifié sur l’interface PayPal

(Attention : il n’y a pas d’atelier de chant le dimanche 19 novembre à Longpont-sur-Orge)


Réservation Mystère Vox Sanguinis
Dates



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