Motet Plus bele que flor – CD Lignum Vitae

Par | 22 septembre 2015

Parmi les extraits que vous pouvez entendre sur la page Sortie du CD Lignum Vitae – extraits en ligne, le premier motet qui commence par les mots « L’autrier joer m’en allai » présente aux auditeurs un des plus beaux triptyques musicaux de l’amour courtois au XIIIe siècle.

En écoutant cette musique, trois âges de la vie se présentent en effet à nous sous trois visages, qui s’entrelacent autour de la belle et douce mélodie liturgique Flos filius eius : la première voix nous entraîne dans l’état d’esprit du premier amour, que l’on peut rencontrer au détour d’un chemin (Par un destor) et qui nous conduit jusqu’au verger où l’on peut cueillir les premiers fruits de l’Arbre d’Amour (en un vergier m’en entrai pour quellir flor) ; la seconde évoque la réminiscence des amours, qui reviennent en notre mémoire « a la seison d’este » ; la dernière nous propose enfin de quitter la nostalgie du passé pour nous élever à l’Amour divin, dont la fleur se trouve cette fois-ci dans le Paradis (Autre mes la flor qu’est de paradis), et qui n’est autre que la Vierge Marie (Mere est au Signour).

Au cœur de cette belle allégorie polyphonique se trouve la mélodie liturgique du Flos filius eius (et la Fleur est son fils) célébrant l’Arbre de Jessé (Stirps Jesse), qui tient lieu d’axe végétal à chaque voix.

Frédéric Rantières

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